Si l’art n’existe pas, l’art brut est-il brut ?
En 1923, Jean Dubuffet effectue son service militaire à l’Office de météorologie de la Tour Eiffel. Ainsi que le rapporte Lucienne Peiry, conservatrice de la Collection de l’Art Brut, il y découvre une lettre adressée à l’institution dans laquelle une dame raconte "qu’elle voyait quantité de choses extraordinaires dans le ciel durant la nuit : non pas des nuages, mais des défilés de chars et des cortèges extraordinaires. Pour ne pas les oublier, elle les dessinait, seule dans sa cuisine. Elle s’appelait : Clémentine Ripoche." Jean Dubuffet la rencontre et, pendant plusieurs mois, entretient une correspondance avec elle. Ce sera son premier contact direct, son "premier éblouissement" avec ce qu’il nommera, plus tard, "l’Art Brut".