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Les ruines de la beauté

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  Attention, âmes sensibles, cet article se propose d’exposer un fait atroce :   la beauté, en soi, n’existe pas.  Aucune œuvre ne pourra jamais être considérée comme définitivement belle . Aucun agencement de forme ne possède l'équation du beau.  Ce constat fâcheux n’a d’ailleurs rien de nouveau. Dès le milieu du dix-huitième siècle, le philosophe écossais David Hume écrivait dans son ouvrage Sur les jugements de goût , que "la beauté et la laideur ne sont pas des qualités des objets, mais appartiennent entièrement au sentiment". Ce qui sera largement repris par la suite. Pour Oscar Wilde, la beauté est dans l’œil du regardeur, pour H. G. Wells, dans son cœur. Au vingtième siècle, avec le développement de la neuroesthétique, elle remontera jusqu’à son cerveau. 

Les poils du samouraï

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Au centre d’une gravure de la Manga d'Hokusai, un samouraï accomplit un saut prodigieux par-dessus huit bateaux. Composition exemplaire. Tracé virtuose. Agencement stupéfiant des détails de l’armure, du pont d’un navire, de l’enchevêtrement des flèches. 

L'usure des images

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      Effet de surprise L’intérêt que nous portons aux images est, avant tout, une affaire d’attention. Or, ce qui attire l’attention des humains, comme celle des autres créatures animales, c’est la différence.  Nous remarquons ce qui diffère dans l’espace : c’est grâce à leurs couleurs vives que les fleurs ressortent de la végétation environnante et réussissent à attirer leurs pollinisateurs. 

Habiter l'impossible

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      Habiter, c’est nécessairement habiter un monde — avec ses valeurs, ses croyances, ses rapports sociaux.  Lorsque celui-ci ne convient plus, on cherche à en changer. Mais, à défaut d'en trouver un autre à proximité, il est nécessaire de l'inventer. C'est ce qu'entreprend Thomas More, au début du seizième siècle avec son Île d'Utopie , le lieu de nulle part. 

300 kilos d'intentions

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    L’événement inaugural de l’art contemporain est daté de 1917, lorsque Marcel Duchamp présente au Salon des Indépendants de New York une œuvre intitulée Fountain . Un urinoir acheté dans un grand magasin et signé du pseudonyme de R. Mutt.  L’histoire communément admise veut que cette œuvre iconoclaste ait été refusée, malgré le fait que le salon était ouvert à tous les artistes, sans aucun critère de jugement. Un injuste rejet qui inscrit Fountain dans la continuité des créations trop en avance sur leur temps pour être comprises. 

L'invention des femmes

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  Pourquoi n’y a-t-il pas eu de grands artistes femmes ? Dans un essai publié en 1971, l’historienne Linda Nochlin explique comment le monde des Beaux-Arts, jusqu’au vingtième siècle, s’est accordé pour exclure presque totalement les femmes et , simultanément,  a tout fait pour dévaluer le talent des quelques rares qui étaient parvenues à s’y faufiler, comme Artemisia Gentileschi, Élisabeth-Louise Vigée Le Brun ou Rosa Bonheur.