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Les cinq premiers siècles de la photographie

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      Une image miraculeuse   En 1898, lors du quatre centième anniversaire de sa cathédrale, la ville de Turin organise l’ostension d’une relique qu’elle abrite dans la chapelle Guarini. Il s’agit d’une longue pièce de lin qui porte, de manière difficilement discernable, les traces d’un corps supplicié, et qu’on présente comme le linceul qui aurait enveloppé le corps du Christ après sa crucifixion. Le fameux suaire de Turin, le Saint-Suaire .    Le suaire de Turin  (les marques foncées sont les traces d'un incendie lorsque le suaire était replié dans son reliquaire). C’est l’occasion pour l’un des conseillers municipaux, Secondo Pia, membre du club amateur de photographie de la ville, d’en réaliser une photo en utilisant la toute nouvelle technique de l’éclairage électrique.  Après un premier essai peu concluant, la deuxième tentative produit un résultat qui le laisse sans voix. Le négatif obtenu sur la plaque photographique est, en fait, le visa...

Un sublime effroi

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      Le temps des architectes    "Crois-moi, c'était un âge heureux, avant le temps des architectes." Lorsque Sénèque écrit cette phrase dans une lettre à son ami Lucilius, ce n'est pas parce qu'il fulmine contre un maitre d'œuvre qui gère mal le chantier de sa villa. Au contraire, le philosophe peste contre les somptueuses constructions qui prolifèrent dans la Rome impériale, exacerbant le goût de l'ostentation et du pouvoir plutôt que celui de la juste mesure prônée par la philosophie stoïcienne. 

Sur la route

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  Il y a quelques décennies, il n’était pas rare de découvrir, sur le trottoir des villes, des œuvres éphémères réalisées à la craie de couleur par des apprentis artistes qui sillonnaient l’Europe et finançaient une partie de leur voyage avec les pièces dont les passants les gratifiaient. 

Drôles d'images

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    Dans Le cri d’Archimède , l’écrivain Arthur Koestler propose une théorie pour expliquer le phénomène de la création. Selon lui, qu’il s’agisse de l’invention scientifique, de la création artistique ou de l’humour, un même principe est à l’œuvre. Il s’agit de l'acte "bisociatif", le rapprochement imprévu de deux systèmes de référence distincts qui font surgir une idée nouvelle, une idée que ni le raisonnement analytique, ni une série d'essais-erreurs successifs n’auraient pu produire.  Ce principe créatif est illustré, depuis la plus haute antiquité et dans toutes les civilisations, par les créatures hybrides, mi-animales, mi-humaines qui peuplent les mythologies — dragons, centaures, sirènes et autres divinités égyptiennes ou indiennes.   

Si l’art n’existe pas, l’art brut est-il brut ?

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En 1923, Jean Dubuffet effectue son service militaire à l’Office de météorologie de la Tour Eiffel. Ainsi que le rapporte Lucienne Peiry, conservatrice de la Collection de l’Art Brut, il y découvre une lettre adressée à l’institution dans laquelle une dame raconte "qu’elle voyait quantité de choses extraordinaires dans le ciel durant la nuit : non pas des nuages, mais des défilés de chars et des cortèges extraordinaires. Pour ne pas les oublier, elle les dessinait, seule dans sa cuisine. Elle s’appelait : Clémentine Ripoche." Jean Dubuffet la rencontre et, pendant plusieurs mois, entretient une correspondance avec elle. Ce sera son premier contact direct, son "premier éblouissement" avec ce qu’il nommera, plus tard, "l’Art Brut".

Les ruines de la beauté

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  Attention, âmes sensibles, cet article se propose d’exposer un fait atroce :   la beauté, en soi, n’existe pas.  Aucune œuvre ne pourra jamais être considérée comme définitivement belle . Aucun agencement de forme ne possède l'équation du beau.  Ce constat fâcheux n’a d’ailleurs rien de nouveau. Dès le milieu du dix-huitième siècle, le philosophe écossais David Hume écrivait dans son ouvrage Sur les jugements de goût , que "la beauté et la laideur ne sont pas des qualités des objets, mais appartiennent entièrement au sentiment". Ce qui sera largement repris par la suite. Pour Oscar Wilde, la beauté est dans l’œil du regardeur, pour H. G. Wells, dans son cœur. Au vingtième siècle, avec le développement de la neuroesthétique, elle remontera jusqu’à son cerveau.