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Attention aux taches !

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    Lorsque les peintres qu’on allait réunir sous la bannière de l’impressionnisme mettent au point leur style, ils cherchent, avant tout, à traduire les différentes qualités de la lumière et de ses transformations. Travaillant en grande partie en plein air, ils privilégient la rapidité d’exécution. Cela les amène à recourir à des touches vives, des touches de pinceau qu'ils refusent de lisser par le méticuleux travail de finition que préconisent les canons de l’académisme.  La comparaison entre le kiosque au bord de l'eau de Jean-Léon Gérôme et un sujet identique, l'île de la Grenouillère, peint à la même époque par Auguste Renoir, est éloquente. Académisme : Jean-Léon Jérôme, "Harem au kiosque", vers 1870. Impressionnisme : Auguste Renoir, "La Grenouillère", 1869.   La touche impressionniste   Avec le style impressionniste, les contours précis s'estompent, les formes se dissolvent, les volumes s’aplatissent. La surface picturale devient une ma

Photographier l'incertitude

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Qu’est-ce qui nous plait dans une photo ? Qu’est-ce qui retient notre attention ?  S'agit-il de son sujet ? De sa capacité à nous informer, à nous émouvoir ? De ses qualités plastiques ? Un peu de tout cela probablement. Mais ces caractéristiques ne sont pas propres à la photographie. Un dessin, une peinture, un film, une vidéo possèdent également ce potentiel… En quoi consiste, alors, la spécificité du medium photographique ? C’est à cette question que Roland Barthes s’est attaché à répondre dans son essai La chambre claire . Pour lui, ce qui rend unique et captivante une photo, c’est ce qu’il appelle le punctum . Le punctum est un élément qui détonne au milieu de l'image, qui se détache de l'impression d'ensemble et l'arrache à l'ennui d'un document platement informatif. Cela peut être un objet incongru, l'attitude décalée d'un personnage, la complexité inattendue d'une situation...    Koen Wessing, "Nicaragua", 1979.   Roland B

Trois nuances de blanc

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  Dîners des Vilains Bonshommes. Cercle des poètes zutiques. Club des Hydropathes. Fumistes. Hirsutes. Incohérents… À Paris, dans les années 1870-1880, se développe une galaxie de "mouvements artistiques" plus ou moins éphémères qui placent l’humour et l’irrévérence au centre de leur activité.  Composés principalement d’écrivains et de dessinateurs, leurs auteurs revendiquent "les méthodes d’exécution les plus imprévues pour faire enfanter des œuvres follement hybrides à la peinture et à la sculpture ahuries". Et déclarent "œuvre d’art incohérent" tout dessin d’une personne ne sachant pas dessiner. Cette liberté par rapport aux conventions artistiques leur permet d’extraordinaires intuitions qui anticipent nombre des inventions attribuées aux avant-gardes du vingtième siècle : collages surréalistes, théâtre de l’absurde, installations, happenings, musique silencieuse, peintures monochromes. C’est ainsi qu’en 1883, à la suite de son ami Paul Bilhaud qui