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Si l’art n’existe pas, l’art brut est-il brut ?

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En 1923, Jean Dubuffet effectue son service militaire à l’Office de météorologie de la Tour Eiffel. Ainsi que le rapporte Lucienne Peiry, conservatrice de la Collection de l’Art Brut, il y découvre une lettre adressée à l’institution dans laquelle une dame raconte "qu’elle voyait quantité de choses extraordinaires dans le ciel durant la nuit : non pas des nuages, mais des défilés de chars et des cortèges extraordinaires. Pour ne pas les oublier, elle les dessinait, seule dans sa cuisine. Elle s’appelait : Clémentine Ripoche." Jean Dubuffet la rencontre et, pendant plusieurs mois, entretient une correspondance avec elle. Ce sera son premier contact direct, son "premier éblouissement" avec ce qu’il nommera, plus tard, "l’Art Brut".

Les ruines de la beauté

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  Attention, âmes sensibles, cet article se propose d’exposer un fait atroce :   la beauté, en soi, n’existe pas.  Aucune œuvre ne pourra jamais être considérée comme définitivement belle . Aucun agencement de forme ne possède l'équation du beau.  Ce constat fâcheux n’a d’ailleurs rien de nouveau. Dès le milieu du dix-huitième siècle, le philosophe écossais David Hume écrivait dans son ouvrage Sur les jugements de goût , que "la beauté et la laideur ne sont pas des qualités des objets, mais appartiennent entièrement au sentiment". Ce qui sera largement repris par la suite. Pour Oscar Wilde, la beauté est dans l’œil du regardeur, pour H. G. Wells, dans son cœur. Au vingtième siècle, avec le développement de la neuroesthétique, elle remontera jusqu’à son cerveau. 

Les poils du samouraï

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Au centre d’une gravure de la Manga d'Hokusai, un samouraï accomplit un saut prodigieux par-dessus huit bateaux. Composition exemplaire. Tracé virtuose. Agencement stupéfiant des détails de l’armure, du pont d’un navire, de l’enchevêtrement des flèches. 

L'usure des images

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      Effet de surprise L’intérêt que nous portons aux images est, avant tout, une affaire d’attention. Or, ce qui attire l’attention des humains, comme celle des autres créatures animales, c’est la différence.  Nous remarquons ce qui diffère dans l’espace : c’est grâce à leurs couleurs vives que les fleurs ressortent de la végétation environnante et réussissent à attirer leurs pollinisateurs. 

Habiter l'impossible

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      Habiter, c’est nécessairement habiter un monde — avec ses valeurs, ses croyances, ses rapports sociaux.  Lorsque celui-ci ne convient plus, on cherche à en changer. Mais, à défaut d'en trouver un autre à proximité, il est nécessaire de l'inventer. C'est ce qu'entreprend Thomas More, au début du seizième siècle avec son Île d'Utopie , le lieu de nulle part.